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Commentaires (585)

1. Pascal G 04/01/2019

Bonsoir Lucy,
Réponse un peu tardive, mais je voulais discuter de cette importante question avec ton autre prof principal... et il se trouve que nous sommes du même avis.
La Sorbonne est certes une institution historique et respectable, mais elle n'aura probablement pas grand chose de plus à t'apporter jusqu'à la licence que l'université de Lyon, qui, elle, sera beaucoup moins contraignante en ce qui concerne, entre autres, le logement.
Les salles de la Sorbonne sont (très) remplies de gens qui sont venus pour sa notoriété ; alors que le facteur décisif dans les premières années de fac est, d'abord et avant tout, l'implication de l'élève dans sa réussite, son engagement dans son apprentissage.
Donc : rien ne t'oblige à faire le détour par Paris I durant les trois premières années de licence, si rien ne t'y invite particulièrement.
Cela dit, la découverte de la vie parisienne peut être une expérience intéressante, même lorsqu'elle tend à décevoir les attentes ! Balzac a même écrit un roman sur ce thème... :-)

2. Allain Lucy 02/01/2019

Bonjour Monsieur,
Je suis en pleine recherche d'orientation et je pensais à faire une licence en lettres modernes. La Sorbonne est réputée car ancienne mais par rapport à Lyon 3, quel est son avantage ?
Merci d'avance.

3. Pascal G 12/12/2018

Content d'avoir de tes nouvelles. Là encore, je précise que la question est posée par une ancienne élève, actuellement en classe préparatoire, ce qui explique en partie la réponse.
Comme la question est double, je la coupe en deux ; et comme la réponse doit être un peu longue, je préfère lui consacrer deux pages du site, créées tout spécialement pour l'occasion :-)
Pour consulter la première réponse, tu peux cliquer ici :

http://ibahiyya.e-monsite.com/pages/banque-de-textes/claude-bernard-et-le-milieu-interne.html

Et pour la seconde... (je n'avais décidément pas envie de corriger des copies cet après-midi) :

http://ibahiyya.e-monsite.com/pages/banque-de-textes/ernst-mayr-et-le-reductionnisme.html

A bientôt... PG

4. Hypokhâgne 11/12/2018

Bonjour monsieur !
Pourriez vous m'éclairer sur quelques questions s'il vous plaît ?
Nous sommes actuellement en train de faire un cours sur l'épistémologie et le prof a mis en avant la conception physiologique de Claude Bernard en faisant un parallèle avec l'image cartésienne de l'animal machine, mais du coup je n'arrive pas à saisir la nuance entre les deux, notamment sur les "constantes internes".
Il a également développé la thèse des trois formes de réductionnisme d'Ernst Mayr (constitutif, explicatif et théorique), que je n'ai pas non plus comprises. Cela expliquerait l'objectivité à partir de la pluralité de points de vue ? Où se situe-t-il par rapport à ces 3 formes ? Merci,
Roxane Martin

5. Pascal G 08/12/2018

Pour élève TL

Quand on parle du "problème" du texte, il ne s'agit pas nécessairement d'une polémique ou d'un débat ; il peut aussi s'agir d'établir ou de clarifier quelque chose qui n'est pas clair au départ, et qui peut être vu de différentes façons.
En l'occurrence, il y a bien quelque chose qui n 'est pas clair : c'est la nature de la conscience. La conscience, tout le monde sait ce que c'est... mais il est bien difficile de le dire de façon claire et précise ; "définir" la conscience.... c'est une tâche ardue : il suffit d'ouvrir un dictionnaire pour s'en rendre compte.

Il y a un autre terme pour lequel on peut faire le même constat : le temps. Il y a à ce sujet une citation bien connue de saint Augustin : "Qu'est-ce que en effet que le temps ? Qui saurait en donner avec aisance et brièveté une explication ? ... Si personne
ne me pose la question, je le sais ; si quelqu'un pose
la question et que je veuille expliquer, je ne sais plus.» Saint Augustin, Confessions, XI, 14, 17

On a donc deux notions qui sont très délicates à définir : la conscience, et le temps. Dans cette optique, le "problème" auquel se confronte le texte apparaît assez bien, puisqu'il cherche à questionner en même temps ces deux notions.

C'est en effet (cela, c'est assez visible) le rapport entre la conscience et le temps qui est questionné dans le texte ; et si le texte ne cherche pas vraiment à élucider la notion de temps (qui est seulement décliné dans ces trois dimensions : passé, présent, futur), la question est bien de savoir ce que c'est que la conscience...
Et d'ailleurs, la nature du temps aussi est interrogée, puisque la nature du "présent", du présent véritable, celui que l'on vit, est bel et bien questionnée.

Le présent, dans le texte, est indissociable du présent et de l'avenir. Ceci peut d'ailleurs nous amener à nous demander (en mise en perspective finale, par exemple) si la manière dont nous vivons le présent n'est pas toujours une sorte d'absence à ce qui est "là". Si notre présent est fait de mémoire du passé et d'anticipation de l'avenir, cela nous permet-il de voir et de vivre TOUT ce qui se trouve là, maintenant ?
La conscience du présent ne tend-elle pas toujours à réduire le présent à ce qui, en lui, peut être utile pour un objectif à atteindre, etc. ?
On rejoint ainsi d'autres idées de l'auteur, que nous avons présentées en cours, et que vous pouvez mobiliser.
Bon courage !

6. TL 08/12/2018

Bonjour monsieur, par rapport à l'explication de texte, est-ce-que le texte doit toujours soulever un problème? ou bien peut-il seulement définir une thèse proposer par l'auteur?
Si ce n'est pas le cas, comment faire lorsqu'on ne comprends pas/ trouve pas le problème que montre le texte?

7. Pascal G 30/11/2018

Pour "ancienne élève TL"...

La question de savoir si la psychanalyse appartient au domaine de la philosophie est une question qui, en soi, est intéressante. Le fait que Freud figure dans la liste des auteurs du programme de philosophie en terminale (ainsi que la notion : "l'inconscient") tendrait à l'indiquer... le point amusant est que Freud lui-même ne se considérait pas comme philosophe et, plus encore, ne voulait pas être considéré comme philosophe.

Le but de Freud est bien de constituer une science du psychisme, fondée sur des concepts et des méthodes scientifiquement recevables ; son plus grand combat a sans doute été de faire reconnaître le caractère scientifique de l'hypothèse de l'inconscient (sur ce point, un cours est disponible ici : http://ibahiyya.e-monsite.com/pages/archives-cours/cours-sur-la-conscience/psychanalyse-science.html ). Et c'est encore cette question qui motive les critiques que Karl Popper oppose à la psychanalyse, à laquelle il refuse le titre de science du fait du caractère infalsifiable de ses théories.

De ce point de vue, on pourrait dire que Freud est au domaine psychique ce que Durkheim (son contemporain) est au domaine social : Durkheim aussi figure dans la liste des auteurs (philosophiques), et lui non plus ne voulait pas être considéré comme un philosophe, mais bien comme le père d'une nouvelle science : la sociologie.

Pour en venir à ta question, Freud, dans le passage auquel tu te réfères parle bien d'un type d'hommes en particulier ; mais, comme c'est souvent le cas chez lui, ce qu'il se produit pour ce type ne fait qu'illustrer un mode de fonctionnement général du psychisme humain.
Ce que dit Freud, c'est que ce type d'hommes tend à prendre comme objet de son désir amoureux un objet dont les caractéristiques sont en fait liées au premier objet d'investissement amoureux que l'enfant prendra, c'est-à-dire sa mère, qui servira de "prototype" de l'objet d'amour.
Il ne s'agit donc pas d'une fixation "de" la mère, mais bien d'une fixation à la mère.
Dans le cas des hommes dont parle ici Freud, cette fixation tend à perdurer de façon plus forte, la libido (les pulsions à caractère érotique, le désir amoureux) ne se détachant pas de ce premier objet : d'où le fait que les caractères de l'objet de leur désir laissent transparaître d'évidentes analogies avec les caractères de la mère.

Ce que l'on retrouve donc ici, c'est tout simplement la structure oedipienne: l'amour de l'enfant pour le parent de sexe opposé. (Plus d'éléments à ce sujet sur cette page : http://ibahiyya.e-monsite.com/pages/archives-cours/cours-sur-la-conscience/le-complexe-d-oedipe.html) Cette structure opère de façon particulière chez le "type" d'amoureux étudiés ici par Freud, pour lesquels le prototype détermine encore fortement les particularités des "objets" féminins amenés à le remplacer dans le cours de la vie psychique.

Il est intéressant de remarquer l'image qu'utilise Freud à la fin du passage dont tu parles, pour illustrer le lien entre les difficultés de la séparation à l'égard de la mère, et les ressemblances entre celle-ci et les nouveaux objets du désir amoureux : "On se voit ici obligé de penser à la con­formation du crâne des nouveaux-nés : après un accouchement diffi­cile, le crâne d'un enfant prend forcément la forme de l'étroit bassin maternel"...

8. ancienne TL 30/11/2018

Bonjour,
je suis une ancienne TL, et j’ai lu un livre nommé “psychologie de la vie amoureuse” de Freud.
Je pense que vous pourriez m’éclairer sur un point même si je ne suis pas bien sûr que ce soit de la philo.
Freud dit que les “types d’amants” choisissent un type d’objet (le type de femme si j’ai bien compris) et ils la choisiraient a cause de la fixation infantile de leur mère.
C’est cette dernière phrase que je ne comprends pas ainsi que le rapport avec le choix de l’homme quant à son type d’amante.
Merci!
Bonne journée!

9. Pascal G 02/11/2018

Bonsoir N.Nubien :-)
[Attention :il s'agit d'une question posée par l'une de mes anciennes élèves, actuellement en classe préparatoire ; la réponse donnée correspond donc aux exigences d'une classe préparatoire, et fait référence à un cours donné l'année dernière].
Pour comprendre ce passage du Gorgias, il peut être très utile d'avoir en tête l'Apologie de Socrate... ce qui est évidemment ton cas, quelle chance.
Il s'agit d'une thèse majeure de Platon, qui rejoint la fameuse formule selon laquelle nul n'est méchant volontairement.
Il faut repartir de l'accord des Idées chez Platon : le Bien ne peut s'opposer au Vrai, ou au Beau : c'est précisément sur leur accord que repose la doctrine platonicienne de la sagesse. Le sage est celui qui, agissant toujours conformément à la Vérité, ne peut agir que conformément à la Justice, et c'est de cette manière qu'il agira conformément à ce qui constitue son véritable intérêt.
C'est précisément ce qui fondait le plaidoyer de Socrate : seule la recherche de la vérité, laquelle nous conduit à la justice, peut nous conduire au Bien véritable, qui est aussi notre bien. De sorte que celui qui recherche son (véritable) bien ne peut que vouloir la vérité et la justice, qui sont ce à quoi mène l'usage de la raison. De sorte que celui qui veut l'injustice est simplement celui qui raisonne mal : ce qu'il CROIT être un bien est en fait un mal, ce dont il s'apercevrait s'il raisonnait mieux. Si l'on croit voir une opposition entre notre intérêt et le Bien (le juste), c'est que nous raisonnons mal : nous prenons pour un bien ce qui, en réalité, est un mal. Le méchant n'est méchant que parce qu'il s'écarte de la voix de la raison.
Si l'on prend l'exemple du tribunal auquel Socrate s'adresse, l'idée apparaît clairement. Si le tribunal condamne Socrate, c'est qu'il croit y trouver son intérêt. Mais il se trompe.
D'une part, en faisant taire celui qui l'exhorte à la vertu, il oublie ce qui constitue son bien le plus précieux : son âme. Commettre l'injustice, c'est corrompre notre âme : or privilégier le bien-être matériel à notre bien spirituel, c'est oublier notre véritable nature, qui n'est pas celle d'un animal, mais celle d'un être dans lequel la raison doit commander aux passions, l'âme au corps. C'est donc se rabaisser, ce qui n'est évidemment pas notre intérêt véritable.
Mais plus encore : en croyant faire taire la voix de Socrate, les Athéniens ne vont faire que la renforcer. Faire mourir Socrate les exposera à la honte face aux autres Cités, qui diront des Athéniens qu'ils "ont tué Socrate" (et, de fait, on en parle encore 25 siècles après...). Cela va de plus libérer les ardeurs des jeunes qui entouraient Socrate et qui ne se taisaient que parce qu'il parlait pour eux : la mort de leur mentor risque fort de renforcer leur virulence... On ne fait pas taire les critiques en assassinant les critiques, mais en cherchant à s'améliorer. (De même, le tyran n'éliminera les dissidents qu'en s'exposant à une peur perpétuelle, etc.)
On voit donc bien ici en quoi le fait de commettre une injustice est une erreur : on la commet parce qu'on croit qu'il est dans notre intérêt de la commettre, mais c'est parce que l'on raisonne mal. Si l'on raisonnait mieux, on verrait que notre bien concorde nécessairement avec le Bien, qui repose sur la Vérité et la Justice.
De façon générale, dans la pensée antique, seule la vie conforme à la raison, en conduisant à la vertu, peut nous conduire au bonheur véritable. C'est aussi ce que dira Epicure (la raison nous enseigne qu'il faut apprendre à ne désirer que des désirs naturels et nécessaires pour être heureux), ce que diront les Stoïciens (c'est la vertu que doit viser le sage, et donc l'obéissance à la raison, et c'est la vertu seule qui pourra nous donner l'ataraxie), etc.
Les arguments que tu donnes sont défendables, mais ils sont trop "psychologiques" pour un texte de Platon. Pour un penseur grec, celui qui commet l'injustice en cédant à ses passions ne se "noiera" pas dans sa liberté, il ne sera pas libre du tout : car la seule liberté véritable consiste à suivre sa raison. Celui qui cède à ses passions pour accroître sa richesse ou sa puissance n'est pas libre, il est esclave de ses passions.
C'est un élément clé de tout le rationalisme occidental : il n'y pas d'opposition entre mon VERITABLE intérêt et le Juste, le Bien commun, l'intérêt général. Suivre sa raison (ou sa conscience, chez Rousseau), c'est servir à la fois l'un ET l'autre. De sorte que l'égoïste est moins celui qui choisit le mal que celui qui raisonne mal...
Voilà voilà, j'espère que cela t'aidera pour ton "fichage"...
A bientôt !
PG

10. Question prépa, N.Nubien 01/11/2018

Bonjour monsieur,

Notre professeur de philo d’hypokhâgne nous a donné à ficher le Gorgias de Platon. A un moment du dialogue, il y a un désaccord entre Polos et Socrate, car Polos pense qu'il est possible d'être heureux en étant un tyran injuste, et Socrate pense qu'un tyran injuste est forcément malheureux, et qu'il est même moins malheureux si il est châtié à cause de ces actes injustes.

Pensez-vous qu'il est possible d'être heureux en tant qu'Homme (plus généralement) si on est injuste? Il me semblait que cette perspective était difficilement envisageable car
- tout d'abord si on est injuste et impuni, il n'y a pas d'équilibre, pas de compensation des forces garantie normalement par la justice qui permet à l'être humain de savoir où sont ses limites d'action, et donc il pourrait se "noyer" dans cette liberté,
-aussi je pensais que des actes qui sont injustes peuvent quand même constituer des fantasmes pour l'homme donc sur le coup il pourrait ressentir un plaisir éphémère mais ensuite il ressentira inévitablement des remords.
-enfin un homme peut être injuste car c'est un moyen conscient ou inconscient pour lui d'extérioriser un mal-être. Donc de fait, il n'est pas heureux

Partagez vous ces idées? Pensez vous que je sois passée à côté d'axes importantes quant à cette question (qui ne constitue pas une dissertation mais une question de fichage)?

Je vous remercie d'avance pour l'attention accordée à cette question et je vous souhaite une bonne fin de vacances.

Nathaëlle Nubien